La prière du vendredi


Le vendredi est perçu comme étant le meilleur jour de la semaine. En effet, selon Abû Hurayra, le Prophète a dit:
 “Le meilleur jour dans lequel le soleil s’est levé, c’est le vendredi: c’est le jour où Adam a été créé, le jour où il a été introduit au Paradis et le jour où il en a été chassé. En outre l’Heure de la résurrection ne peut être que le vendredi”.
 Toujours d’après le Prophète r, c’est le jour le plus sublime que celui de la rupture du jeûne (yawmu l-fitr) et celui de la fête du sacriffice (‘aid l-adhhâ). En cette circonstance, il a recommandé de réciter durant la prière une certaine sourate. “Celui qui, le vendredi, récite la sourate de la Caverne, Dieu projettera en lui la lumière et lui pardonnera ses fautes de ce vendredi à l’autre”.

1. La préparation à la prière:
 Il est recommandé à tous ceux qui se préparent à la prière du vendredi, hommes et femmes, grands et petits, en voyage ou non, d’être dans les meilleures conditions de propreté corporelle et vestimentaire. Ils se lavent donc, portent leur plus beaux habits, se parfument et se curent les dents avec le “siwâk”.
 Le Prophète r a dit, à propos des vêtements: Il appartient à chacun de vous d’acheter deux vêtements pour le vendredi, en plus des deux vêtements habituels”.
 Il est louable que l’orant aille tôt à la prière du vendredi et s’acquitte de prières surérogatoires avant l’arrivée de l’imâm. Lorsque celui-ci apparaît et commence sa khutba, Il ne pourra effectuer que les deux rak‘â de salutations de la mosquée, encore faut-il que le processus de cette khutba ne soit pas trop avancé.

2. L’obligation de cette prière:
 La prière du vendredi revêt un caractère collectif. Pour être effective, les ‘ulama ne sont pas d’accord sur le nombre de personnes nécessaires à son accomplissement. il varie, selon les écoles juridiques entre deux et quinze. Pourtant, as-Suyûti a dit qu’aucun hadîth n’indique un nombre précis.
 Elle a lieu au moment du dhuhr et comporte deux rak‘â. Tous les ‘ulama sont d’accord pour la considérer comme une obligation individuelle (fardu ‘ayn) selon cete Parole de Dieu:

«Vous qui croyez, quand on vous appelle à la prière à un moment d’un vendredi, empressez-vous au Rappel de Dieu. Laissez-là toute transaction commerciale : meilleur cela sera pour vous, si vous le saviez».
(Coran, 62/9).


De son côté, le Prophète r a dit: “Celui qui, par négligence, renonce à trois prières successives du vendredi, Dieu apposera un sceau sur son cœur”.
 Cette prière est obligatoire pour tout Musulman libre, adulte, dont la condition physique lui permet de marcher et qui n’est pas en voyage ou autres considérations acceptables qui l’en empêchent telles que la maladie. Par contre, elle n’est pas exigible de la femme et de l’enfant.
 C’est ce qu’a dit l’Envoyé de Dieu: “Le vendredi est un devoir (wâjib) pour tout Musulman, exception faite pour ces quatre cas: l’esclave, la femme, l’enfant et le malade”.
 Il y a lieu d’y inclure le voyageur lorsque celui-ci est absent au moment de l’heure de la prière. Il en est de même de celui que la neige, la forte pluie ou la violence du vent empêchent de se déplacer.

3. La khutba du vendredi:
 La khutba s’inscrit dans la prière du vendredi. De nombreux hadîths l’attestent. De plus, l’Envoyé de Dieu a dit: “Priez comme vous me voyez prier”. Or, le Prophète r ne manquait jamais de prononcer la khutba en cette occasion.
 Suivant l’exemple donné par l’Envoyé de Dieu, en montant sur le minbar (la chaire), l’imâm se tourne vers l’assemblée des orants et les salue: “as-salâmu ‘alaykum”. A ce moment, il est fait un second appel à la prière.
 En effet, au temps du Prophète r, Bilâl lançait l’appel lorsque l’Envoyé de Dieu s’asseyait sur le minbar et renouvelait l’appel (al-iqâm) lorsqu’il en descendait.
 Il est d’usage de commencer la khutba par la louange à Dieu et l’énoncé de la profession de foi.

Le Prophète faisait cette invocation:
 “Louange à Dieu. Nous lui demandons aide et assistance. Nous implorons Son pardon. Nous nous nous réfugions auprès de Lui afin de nous préserver des maux de nos âmes. Celui que Dieu guide, personne ne pourra l’égarer, et celui qu’Il égare, personne ne pourra le guider. Je témoigne qu’il n’y a pas de divinité en dehors de Dieu et je témoigne que Muhammad est Son Envoyé et Son serviteur. Dieu l’a envoyé avec la Vérité et annonciateur de la bonne nouvelle. Celui qui obéit à Dieu et à Son Envoyé suit la bonne voie et celui qui leur désobéit ne fait du tort qu’à lui-même; il ne lèse en rien Dieu le Très-Haut”.
“Al-hamdu li Llâhi, nasta‘înuhu, wa nastaghfiru-hu, wa na’ûdhu bi Lâhi min shurûri anfusi-nâ. Man yahdi Allâh falâ mudilla la-hu, wa man yudallil falâ hâdî la-hu.Wa ashhadu anna lâ ilâha illâ Allâh wa ashhadu anna Muhammadan ‘abdu-hu wa rasûlu-hu, arsala-hu bil haqqi bashîran. Man yuti’ i Allâha ta’âlâ wa rasûla-hu, faqad rashada; wa man ya’çi-humâ, fa inna-hu lâ yudirru illâ nafsa-hu, wa lâ yudirru Allâha ta’âlâ shayan”.


 Conformémant aux habitudes du Prophète r, l’imâm fait sa première khutba debout. Il s’assoit un court instant et se relève pour entamer la seconde khutba.
 Le contenu de l’une et de l’autre comporte des exhortations et des enseignements relatifs à la religion. L’imam parle, en cette circonstance, à haute voix et d’une manière claire et distincte de sorte à se faire comprendre par l’assistance. Il s’efforcera de ne pas être long. Son intérêt consiste à dire le maximum de choses en peu de mots.
 Le Prophète disait: “Soyez long dans la prière et court dans la khutba”.
 Cela suppose, pour être à la fois court, précis et efficace, que l’imâm soit bien instruit et maîtrise les questions de la religion.
 Il est illicite de parler au moment où l’imâm prononce son “discours”, y compris pour donner au voisin un bon conseil, lui indiquant le sens du bien et mettant l’accent sur l’infâme. Cet exemple est significatif:
 Un jour que le Prophète r cita, dans sa khutba, un verset, Abû ad-Dardâ demanda à Abiyyu Ibn Ka‘b, assis à côté de lui, à quel moment ce passage coranique a été révélé. Ibn Ka‘b ne voulut pas lui répondre malgré son insistance à obtenir une réponse. A la fin de la prière, il lui expliqua que parler pendant la kutba est une grosse faute; il ajouta: “Lorsque tu entends ton imâm parler, écoutes-le attentivement jusqu’à ce qu’il ait terminé”.

4. La prière surérogatoire du vendredi:
 La Sunna recommande d’effectuer deux ou quatre rak‘a après la prière du vendredi. Selon Abû Hurayra, le Prophète r a dit: “Celui d’entre vous qui a accompli la prière du vendredi, qu’il s’acquitte ensuite de quatre rak‘a”.
 D’après Ibn ‘Umar, l’Envoyé de Dieu, après la prière du vendredi, effectuait deux rak‘a à la maison. Ibn Taymiyya donna cette précision: quand le Prophète r priait à la mosquée, il faisait quatre rak‘â, mais s’il priait chez lui, il n’en faisait que deux.
 Aucun de ses compagnons n’a attesté que l’Envoyé de Dieu s’acquittait d’une prière volontaire avant de quitter son domicile. D’une manière générale, avant l’adhân, ses compagons effectuaient autant de rak‘â qu’ils pouvaient: cela variait entre huit et douze et parfois moins. C’est pourquoi la majorité des ‘ulama s’accordent pour dire qu’il n’y a pas une Sunna qui institue une norme de prière avant la prière du vendredi.
Selon certaines écoles, le Prophète r ne faisait aucune prière volontaire après l’adhân. II a été dit que l’orant s’impose le silence dès que l’imâm commence sa khutba. Il lui est certes possible d’accomplir les deux rak’a relatives aux salutations de la mosquée, encore faut-il que le processus de l’allocution ne soit pas trop avancé.


Remarque:
 * Lorsque la mosquée est pleine à craquer au point qu’il n’y a plus de place pour poser la tête contre le sol au moment de la prosternation, il est possible à l’orant de se prosterner sur le dos de la personne qui se trouve devant lui. A ce sujet, Ahmad rapporte ce dire de Sayyâr:
 “J’ai entendu ‘Umar Ibn al-Khattâb dire lors d’un de ses prêches du vendredi: “L’Envoyé de Dieu a construit cette mosquée avec l’aide des Muhâjirîn et des Ançar. Lorsqu’elle se remplit de monde, que l’homme d’entre vous se prosterne sur le dos de son frère”. C’est pourquoi, le second Calife de l’Islam, ayant vu des gens prier au bord de la route, leur dit: “Priez à l’intérieur de la mosquée”.
 * Dans le cas où la fête de l’‘aïd a lieu un vendredi: celui qui s’acquitte de la prière inhérente à la première peut se dispenser d’accomplir celle qui correspond au second. Zayd Ibn Arqama a dit que l’Envoyé de Dieu a guidé la prière de l’‘aïd et a autorisé les gens, pour ceux qui le voulaient,à ne pas s’adonner à la prière du vendredi,mais ajouta-t-il:
 “Celui qui veut prier, qu’il prie alors”. (Il s’agit bien de ne pas aller à la mosquée en vue de prier en groupe. Cela ne veut pas dire qu’il faille s’abstenir de faire la prière dhuhr chez soi ou en n’importe quel autre lieu).
 Cependant, il est recommandé à l’imâm d’être présent à la mosquée le vendredi afin de permettre aux orants, qui n’auront pas fait leur prière de l’‘aïd, de prier derrière lui. Il en sera de même pour ceux qui décident de s’acquitter des deux prières (celle de l’‘aïd et du vendredi) dans la Maison de Dieu.


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